Dharavi detient le titre peu convoite de plus grand bidonville d'Asie. C'est au coeur de Bombay, entre la riviere, la mer et les quartiers chics de Matunga et Mahim. Un million de personnes vivent a Dharavi. 'Survivent' disent les ONG.
Je vous en parlais deja en Decembre 2006, mais avec "Slumdog Millionnaire", l'actualite cinematographique a remis le sujet au gout du jour. Depuis quelques mois, l'Europe et les Etats-Unis imaginent l'Inde comme un grand bidonville souriant. D'ailleurs, regardez plutot "Salaam Bombay" (de Mira Nair, 1988).
Il y a plus de cinq ans, le gouvernement a lance une initiative tres controversee. Des promoteurs prives vont acheter les terrains de Dharavi, raser les masures, construire des tours sur une partie du terrain degage, entasser toute la population locale dedans, en echange de l'autorisation d'exploiter le reste du terrain a leur loisir.
Comme un bidonville est constitue d'habitations a un etage, en empilant assez d'etages on peut liberer pas mal d'espace et ramasser un bon pactole... Surtout dans une ville ou le cout du metre carre au sol depasse souvent ceux de Londres ou Paris (verifier. Nepeansea Rd: 4000E/m2; Matunga, a cote de Dharavi: 1000E/m2)
Certains argumentent que ce projet est un pas en avant pour les habitants. Pas du tout, cela poussera la population a l'exode.
Dharavi n'est pas une cité dortoir, mais une véritable usine. Il ne faut pas seulement reloger les habitants, il faut aussi assurer la viabilite des commerces qui assurent la subsistance de l'economie du quartier. Comment ranger sa pirogue de pecheur une fois dans un HLM? Comment faire survivre les ateliers de poterie ou les tanneries qui nourrissent Dharavi? Tous partiront, pour s'installer la ou il reste un peu de place, sur le bord des voies ferrees ou des egouts.
Depuis 1936, sept plans de réhabilitation ont déjà été menés à Dharavi, tous des echecs organises.
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